Témoignage de Siota

Depuis mon entrée à Notre Dame du Travail, je découvre des aspects de la formation que je n’avais pas imaginés avant, notamment :  C’est le tout qui me forme : les rencontres, les échanges, les entretiens…

Je peux résumer cela en cinq points.

  • La formation directe et explicite avec l’accompagnatrice : Nous avons commencé par un exercice simple. La lecture et la compréhension des articles des statuts de NDT. Car les mots et les expressions n’ont toujours pas le même contenu d’un lieu à un autre et d’une culture à une autre même si c’est écrit en français. J’ai senti ce besoin de mettre un contenu sur les mots qui me semblaient complexe.
  • Un autre temps de formation directe et explicite avec le groupe de formation. C’est un temps qui me concerne ou je n’hésite pas de soulever des questions sur tous les points sur lesquels je n’ai pas d’expérience.
  • Tous les membres de l’institut particulièrement le groupe de Paris, leur vie, leurs relectures et leurs expressions sont un temps de formation pour moi.

A travers elles, je comprends ou mieux j’assimile progressivement :

  • Qui est un membre d’un institut séculier ?
  • Qu’est ce qu’elle fait ?
  • Comment elle vit ?
  • Quelles sont ses angoisses et ses joies ?
  • Où trouve-t-elle la source de ce qu’elle est ou de ce qu’elle vit ?

Toutes ces questions ne trouvent pas des réponses dans des livres. C’est à travers     l’existence des autres que j’appréhende ce que suppose et présuppose la vie séculière.

  • L’histoire de Notre Dame du travail est aussi un moyen de formation. Connaitre les racines de la famille religieuse où je m’engage est fondamental pour moi. Comme toute africaine, le sens de la lignée, de la généalogie est important chez nous. Entrer en formation pour se consacrer en NDT, c’est aussi s’approprier l’histoire des ainées qui deviennent pour moi comme des ancêtres de cette famille spirituelle. C’est entrer dans la longue histoire de NDT et la continuer en l’actualisant. C’est répondre à la question : « Si elles vivaient aujourd’hui, qu’auraient-elles fait face à cette situation ? ». C’est l’actualisation du charisme. J’ai pu comprendre que les fondatrices et celles qui sont venues après étaient des femmes fortes et courageuses…mais aussi simples et humbles. Elles ont participé à changer le déroulement de l’histoire de leur temps par des prises de positions et des engagements pour les transformations sociales à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise. Ces femmes qui ont marqué leur temps et leur histoire sont devenues aussi pour moi des formatrices. Bien que mortes, elles demeurent vivantes à travers leur témoignage de vie que je peux lire dans différents documents de l’Institut ainsi qu’à travers ce qu’ont me racontent sur elles quand leur mémoire est évoquée. C’est à partir de cet enracinement dans la lignée de NDT que naitra une expression africaine de NDT grâce à l’Esprit Saint. C’est cela pour notre Eglise africaine, l’inculturation de la vie consacrée. C’est s’approprier pour redire, reformuler, actualiser le charisme dans le temps et dans l’espace, particulièrement dans le terroir africain. C’est plus une œuvre de l’esprit saint qu’un effort humain.
  • Le Saint Esprit aussi me forme. Souvent au début de la formation, je me posais plusieurs questions. Comment je ferai quand je rentrerai dans mon pays pour vivre le charisme de NDT dans un contexte de crise multiforme qui est en République démocratique du Congo ? Mais l’Esprit de Dieu m’apaise. Je ne sais pas trop comment ça sera mais je sens en moi une paix intérieure, une confiance et beaucoup d’élan d’abandon vers la providence divine. Je ne sais pas comment ça se passera, je vivrai ce que Dieu me donnera de vivre quand ce temps sera venu. Pour le moment, je suis là, je fais ma formation et je vis le temps présent.
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